Patrimoine

Notre-Dame des Grâces

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Historique

En 1934, Les Franciscains décident de construire un couvent dans le quartier dénommé le Chant-d’Oiseau à Woluwé-Saint-Pierre.

La réalisation fut confiée à Camille Damman (1880-1969), faisant partie de la seconde génération d’architectes « Art Nouveau Géométrique ». Cet architecte est connu pour de nombreuses réalisations : des maisons particulières et des immeubles de collectivités un peu partout en Belgique et en France.

Le couvent du Chant-d’Oiseau fut fondé dès 1935, comme une maison d’étude et de rayonnement intellectuel. Dès l’ouverture de la Maison, les Franciscains y transfèrent leur centre de formation en vue de la prêtrise, ce jusqu’en 1968. Les vocations se faisant plus rares, les étudiants désertèrent le Chant-d’Oiseau au profit d’autres Maisons plus petites. Décision fut prise de conserver les infrastructures et de les affecter à des formations spirituelles ou non ouvertes au public. Le lieu se nomme désormais « Maison Notre-Dame du Chant-d’Oiseau, Centre de formation ».

L’église fut construite en 1947-1949. Elle appartient à la communauté franciscaine, qui l’a cédée en 1985 à la paroisse Notre-Dame des Grâces (Fabrique d’église) en bail emphytéotique de 30 ans, renouvelé en 2015.

L’église

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L’église, inspirée du roman primaire, est l’œuvre de l’architecte Camille Damman. Elle fut bénite le 2 juillet 1949 par le cardinal Van Roey. La hauteur de la façade est de 25m, la nef longue de 85m, pour une hauteur de 18m50. On compte 196 fenêtres.

C’est un lieu de recueillement et de célébrations pour les frères et sœurs de Saint François d’Assise, la communauté paroissiale et les hôtes de passage. C’est aussi un sanctuaire où de nombreux artistes, architectes, sculpteurs, céramistes ont exercé leurs talents pour vous inviter à la prière.

L’oratoire

L’oratoire, à droite, vers le milieu de l’église, constitue un lieu de recueillement. Le tabernacle a été réalisé par le céramiste Max van der Linden. Dominé par François, qui, tel un guetteur, veille sur l’Eglise, il représente des scènes de la vie du saint.

Sur la porte du tabernacle, une évocation de l’eucharistie avec le Poverello comme l’un des disciples d’Emmaüs.

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Les chapiteaux

Les chapiteaux ont été réalisés par les sculpteurs Gaston et Michel Annaert. Ils illustrent les mystères de Marie, patronne de l’église et des vocables sous lesquels elle est invoquée, une évocation de la vie de S. François d’Assise ; une célébration du mystère de la mort et de la résurrection du Seigneur, la Parole révélée et les autres sacrements de la vie chrétienne.
Les chapiteaux du transept évoquent le mystère de l’Eglise fondée sur les apôtres, et l’Ordre franciscain, représenté par ses figures les plus connues.

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 Les vitraux

Les vitraux ont été réalisés entre 1961 et 1967 par les maîtres verriers Simon Steger et Fernand Crickx. Les vitraux non figuratifs, plus récents, ont été dessinés par Jehan de Meester.

La rosace de façade (au-dessus des orgues) représente la Vierge à l’Enfant au coeur de la Création.

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L’orgue

L’orgue compte parmi les plus grands instruments modernes d’Europe (15 tonnes et 14,50m de haut). Réalisé en 1981 par le facteur allemand Detlef Kleuker.

La conception musicale est due à l’organiste Jean Guillou et l’esthétique du buffet à l’architecte Jean Marol.

Un instrument révolutionnaire, habillé d’une sculpture contemporaine, évoquant, pour rappeler le nom du quartier, deux oiseaux en parade nuptiale.

Une asbl Musique au Chant d’Oiseau prend en charge l’organisation de nombreux concerts.

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 St François et l’ordre franciscain

Fils d’un riche marchand drapier, François naît à Assise en 1181(82), époque de grandes transformations sociales et de violences. Menant la vie de la jeunesse aisée de son époque, il veut devenir chevalier. Fait prisonnier au cours de la guerre Assise-Pérouse, il connaîtra la geôle durant un an. Il s’engage ensuite comme mercenaire pour rejoindre les troupes pontificales.

Une nuit d’étape, il entend une voix mystérieuse : « Pourquoi suivre le serviteur au lieu du maître dont il dépend ? ». François rentre à Assise. Une année de conversion et de ruptures. Bouleversé par une page d’Evangile sur la pauvreté, il la prend comme règle de vie.

Trois ans après, quelques jeunes vont se joindre à lui, pour mener une vie de pénitence et de charité : fréquenter les pauvres et les marginaux, prêcher à tous l’Evangile et la conversion. Cette « fraternité des pénitents d’Assise » se dote d’une règle de vie : pauvreté, travail et prédication de la paix.

Avec l’aide des conseils du Poverello, Claire d’Assise fondera l’Ordre des Pauvres Dames (Clarisses).

François suscitera aussi un  « tiers ordre » (aujourd’hui Ordre Franciscain Séculier) pour laïcs désireux de vivre la réalité franciscaine tout en restant dans le monde.

L’originalité du  « petit pauvre » est la recherche d’une existence la plus proche possible de celle du Christ. Sa lecture de l’Evangile a humanisé considérablement la religion de son époque et des suivantes.

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Notre-Dame du Chant d’Oiseau

La statue de la Vierge au sourire, vénérée dans la petite chapelle au fond de l’église, est une copie de la statue « Notre-Dame aux chants d’oiseaux « , nichée dans un hêtre, du petit bois « Vogelzang » (Chant d’Oiseau) sur les bords de la Senne, en dehors des murailles de Bruxelles.

Les premiers franciscains s’y établirent en 1228 et y construisirent une église en 1244, incorporant la chapelle de la Vierge, à l’endroit où se trouve aujourd’hui la Bourse. Les ruines de cette première implantation peuvent encore se visiter.

L’antique statue de Notre-Dame, chaque fois sauvée de plusieurs désastres, retrouvera sa place en 1862 chez les Frères Mineurs de la rue d’Artois. C’est une copie exacte de cette vénérable statue, qui se trouve aujourd’hui dans l’église Notre-Dame des Grâces.

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Ste Anne

Historique

Au 11e siècle, les bucherons de la forêt de Soignes allaient prier à la chapelle Sainte-Anne qui était la propriété des ducs de Brabant comme en témoigne la petite tête en pierre qui surmonte l’entrée de cette chapelle. Au XIIe siècle, Rome interdit aux laïcs de posséder des églises et peu à peu celles-ci furent transférées – parfois contre paiement – soit à l’évêque, soit à un établissement religieux’. En 1307, le duc de Brabant Jean Il cédait sa petite église aux Dominicaines de Val-Duchesse , prieuré fondé en 1262 grâce à l’appui de la duchesse Aleyde, et qui ne cessait de se développer. L’acte de donation nous livre le nom du desservant à l’époque: « . . .de altari, cui deservit dominus Egidius presbyter in ecclesia de Oudergem« .

La population d’Auderghem s’accrut fortement entre les années 1820 et 1840 et la chapelle Ste Anne ne suffit plus au nombre croissant de fidèles qui se pressaient à l’office dominical. La nécessité apparut donc clairement: il fallait doter la communauté paroissiale d’une nouvelle église. L. Spaak, reçut ordre de dresser les plans qui furent approuvés par le conseil communal en septembre 1842. Il conçut un projet d’exécution rapide et qui ne coûtait pas trop cher, en fait un plan qu’il put sortir de ses tiroirs. En 1839 déjà, il avait construit une église identique à Koekelberg. Cet architecte avait pour mission de construire maisons communales, presbytères et d’autres églises encore, telles celle de Molenbeek-Saint-Jean (1834), Schepdael (1850) et Ganshoren (1850).

La création de la nouvelle paroisse devait être confirmée officiellement par Malines. Un acte de l’archevêque Mgr Englebert Sterckx, en date du 25 novembre 1843, énumère en détail les raisons de cette création et précise même les limites du territoire de la paroisse.

Statue de Ste Anne

Cette statue de Ste Anne est réputée provenir de l’ancienne chapelle Ste Anne d’Auderghem, de même qu’une statue de St Roch, laquelle a disparu en 1944. Curieusement, Ste Anne n’est pas la femme âgée que l’iconographie représente généralement, mais une jeune femme apprenant à lire à Marie qui porte le Seigneur dans ses bras. La statue est placée dans un des deux autels baroques que la Fabrique d’église acheta en 1875 à l’église Notre-Dame du Sablon. (source : L. Everaert : De Sint Annakapel te Oudergem, 1998)

Histoire de Ste Anne

Un évangile apocryphe du 2e siècle raconte la naissance et l’enfance de Marie, fille de Ste Anne et St Joachim, histoire qui s’inspire de celle du prophète Samuel, fils d’Anne et Elkana (1Samuel, ch.1). La vie de Ste Anne est représentée dans une série de céramiques de Pierre Liefooghe, placées dans la « chapelle de verre » de l’église Ste Anne.


St Julien

Historique

La paroisse Saint-Julien à Auderghem a été fondée par arrêté royal du 24 mai 1906 dans le quartier de la Chasse Royale à Auderghem. Ce n’est que le 6 septembre suivant qu’Emile De Ruysscher fut désigné comme premier curé. Il célébra la première messe le 7 octobre 1906 à l’occasion de la fête du Saint-Rosaire. Le 14 octobre furent célébrés les premiers baptêmes et le 20 octobre avait lieu le premier mariage. Ainsi commença la vie spirituelle de la paroisse

Ce quartier était en pleine expansion à cette époque. Le fondateur de la paroisse, Nestor Plissart (1846-1923), bourgmestre d’Etterbeek céda au profit de la future paroisse des terrains en vue de la construction de la première église paroissiale. Cette église construite en 1906 fut désaffectée en 1965. L’église actuelle fut consacrée par le cardinal Suenens le 1er mai 1965. Le territoire de la paroisse s’étend majoritairement sur la commune d’Auderghem et sur une partie de Woluwe-Saint-Pierre.


l’ancienne église vers 1934

Saint Julien, 2ème évêque de Cuenca (1128-1208)

Le saint patron de la paroisse est un évêque espagnol qui vécut de 1128 à 1208. Après des études brillantes, il devint professeur à l’université de Palencia. A cette époque, il prend l’habitude de tresser de petits paniers d’osier qu’il remplit de vivres qu’il distribue aux pauvres. C’est d’ailleurs à cet attribut qu’on reconnaît les représentations de ce saint. Puis il éprouve le besoin de se retirer dans un lieu dénommé « La Semella » près de Burgos où il se prépare à la prêtrise. Il est ordonné en 1166 et commence une vie missionnaire à travers toute l’Espagne qui, faut-il le rappeler, à l’époque était divisée en deux parties : au Nord la partie chrétienne et au Sud des territoires occupés par les Maures qu’il connaissait bien pour avoir étudié le Coran et avoir suivi l’enseignement d’Averroès à Cordoue. En 1191, il est nommé archidiacre de la cathédrale de Tolède. Il est remarqué par le Roi Alphonse VIII de Castille qui en 1196, le propose comme deuxième évêque de Cuenca (ville située au Sud-Est de Madrid) et en juin de la même année, saint Julien est consacré évêque de cette ville. Dès la première année de son épiscopat, il fut confronté à une épidémie de peste et se dépensa sans compter pour tous, musulmans, juifs et chrétiens furent secourus avec la même sollicitude, ce qui lui valut l’appellation d’évêque humanitaire et charitable. Pendant ses rares moments de liberté, il continuait à fabriquer ses petits paniers d’osier comme au temps où il était étudiant à Palencia. On commença à les appliquer sur les pestiférés et à leur contact ils guérissaient tous chrétiens, musulmans et juifs. A la peste, succéda la famine l’année suivante. Le saint évêque fit distribuer le contenu de tous les greniers à blé épiscopaux et quand le jour tant redouté où les greniers furent vides arriva, saint Julien pria et Dieu l’entendit. Un troupeau d’ânes chargés de sacs de blé arriva aux granges de l’épiscopat et lorsque l’on eut déchargé les sacs, tous furent stupéfaits de voir disparaître le troupeau qui les avait apportés. Saint Julien comprit qu’il s’agissait de blé miraculeux et tombant à genoux remercia Dieu, source de tout bien. Quand la famine prit fin, il entreprit une sainte mission dans toute la région consacrant le vendredi aux musulmans pour lesquels il prêchait en maniant le Coran, le samedi il s’adressait aux juifs en s’aidant de l’Ancien Testament et les autres jours il les destinait aux chrétiens à qui il rendait la ferveur au moyen de sa prédication éloquente. Saint Julien mourut à Cuenca le 28 janvier 1208, date à laquelle l’église fête ce saint. Il fut canonisé par le Pape Clément VIII le 18 octobre 1594. Son reliquaire est conservé dans la chapelle du Transparent dans la cathédrale de Cuenca.

La chapelle de St-Julien

C’est un lieu privilégié de recueillement et d’accueil.

A côté de l’ église, elle remplit des fonctions propres grâce à sa plus petite taille.
Elle est le lieu de calme des prières solitaires et celui du rassemblement quotidien pour les célébrations de 8h. et de 18h30. Elle donne un cadre à leur mesure aux cérémonies familiales comme les baptêmes, les mariages ou les enterrements. Elle accueille la pastorale des plus jeunes en leur offrant un espace chaleureux. Elle propose un coin à la mémoire des défunts et d’intentions de prière.

Les icones de la chapelle de St-Julien

Ces œuvres, signes de la présence de Dieu parmi nous, ont été réalisées en 2002 pour cette chapelle.
La tradition des icônes vient de l’église orientale, pour laquelle elles offrent une présence réelle, vision de l’au-delà. Dans un esprit d’œcuménisme, une religieuse d’Auderghem reprend ce savoir-faire au service de la transmission de la Parole. Comme toutes les icônes, la CROIX GLORIEUSE et la VIERGE de la chapelle répondent à des règles très précises. Elles ont été conçues dans la prière, le jeûne et le silence. Dans le bois initial, une prière choisie pour notre communauté a été inscrite : « O Christ, source de vie, répands en nous ton Esprit »

Rappelant le rythme de la Création, le bois est préparé pendant 7 jours. On applique sur un lin ou une toile de coton 12 couches successives d’un enduit de poudre de marbre pour obtenir une surface lisse et dure.
Le dessin est placé à partir de formes géométriques et se caractérise par une perspective inversée. On applique ensuite les feuilles d’or avec un vernis. Les couleurs sont obtenues en liant des pigments naturels à un mélange de jaune d’œuf, de vinaigre et d’eau de source. Des dizaines de couches sont superposées en partant de la plus foncée jusqu’à arriver à la teinte et à l’intensité souhaitée. Après chaque couche, un temps de séchage complet est respecté. La couleur « chair » par exemple vient de la terre glaise.
Les couleurs ont aussi une valeur symbolique :

  • OR= lumière et richesse de Dieu
  • BLANC= pureté et innocence
  • OCRE= terre
  • ROUGE= Saint Esprit et martyr

Les chaises permettent d’adapter l’espace au nombre de présents et au type de célébration. Le tapis offre aux plus jeunes la liberté de s’y regrouper à même le sol, l’éclairage donne une lumière douce propice à la méditation. Le coin gauche est délimité pour la prière personnelle, grâce aux petits bancs, aux textes proposés sur le pupitre, au cahier d’intentions et aux lumignons. Ce coin est aussi celui du souvenir des défunts, notamment ceux de la paroisse, dont les noms figurent sur de petites croix en bois.
La chapelle est habitée de notre présence quotidienne et de nos prières.
Mais surtout, elle est le lieu de la présence divine, magnifiquement symbolisée par deux icônes :

LA CROIX GLORIEUSE

Regardez bien ce Crucifix…il est déjà l’image de la résurrection et de la transfiguration à venir. Pas de tristesse ou d’abattement. Son corps est tendu vers le ciel, il s’élève. Ses plaies ne sont que cicatrices. Il est fils du Dieu vivant : la colombe sur sa tête, Esprit-Saint et messager, nous le désigne ainsi. «Ecoutez-le ». L’anagramme dans l’auréole indique « celui qui est ». Il est prêtre, comme le montre l’étole surson épaule droite. Elu, il porte le vêtement blanc qui est aussi celui du baptême. Homme parmi les hommes de son temps, sa tunique est proche de la toge romaine.

Le rouge cerne la croix de style oriental. Le martyr a été accompli et dépassé. L’Esprit-Saint domine.
L’or envahit l’espace, présence apaisante de la lumière de Dieu. Le Christ ouvre le chemin de Gloire.

LA VIERGE

Cette icône est la reproduction de « la Vierge de Vladimir » qui date du XVII° siècle. Elle est plus mystérieuse et sombre, tout en restant chaleureuse et intime. Une mère, en retrait, accompagne son enfant. Cette mère porte un titre unique, énoncé par l’anagramme: « mère de Dieu ». Le dogme de sa virginité « avant, pendant et après » est symbolisé par les étoiles sur son front et ses épaules.

L’enfant n’est plus un nourrisson, il est même vêtu comme un adulte. Le verbe s’est fait homme. Il est rayonnant :« lumière née de la lumière ». Marie l’enlace plus qu’elle ne le tient. Leur tendresse est visible. Elle aime Dieu, elle l’a conçu dans son cœur avant de le concevoir dans son corps. Son regard plein de foi et de pureté s’ouvre au monde.

Cette icône révèle deux mystères : celui d’un Christ incarné et celui d’une maternité divine.


Notre-Dame du Blankedelle

Historique

La paroisse « officielle » n’a pas 50 ans. Elle est devenue officiellement paroisse le 25 décembre 1959, autonome par rapport à la paroisse Ste-Anne, après un cheminement de presque 10 ans. On comprendra mieux la véritable origine de la paroisse actuelle en lisant les lignes qui suivent :

« …à partir des années ‘50, livré aux lotisseurs, Auderghem se peuplera brusquement et de plus en plus intensément du côté du Transvaal, un quartier qui porte son éloignement jusque dans sa toponymie… Les habitants du Transvaal, presque tous des couples jeunes, avec promesses d’enfants, se retrouvaient… des paroissiens de Ste-Anne, tant par nécessité que par obligation. Leur éloignement de l’église paroissiale fut peut-être, parmi d’autres, un incitant à leur rapprochement humain. 

Toujours est-il que quelques chrétiens particulièrement dynamiques et doués, prospectés et entraînés par le couple Devillers (lui-même peut-être influencé par les expériences des Foyers Notre-Dame) organisèrent dès 1951 des rencontres chez l’un ou l’autre, en alternance. Chacun y apportait ses tartines ; on y priait, réfléchissait et discutait d’un thème choisi à la séance précédente, à l’instar des foyers Notre-Dame. Ces groupes, peu nombreux au départ, s’intitulaient informellement « groupes de foyers ». Ils bénéficiaient de l’approbation et quelquefois de la visite du curé de Ste-Anne, l’abbé Frans Debremaeker. Un de ces groupes de foyers terminait ses réunions par un chant religieux,… une habitude appelée à de longues séquelles !

Les pionniers de ces groupes de foyers, avec les Devillers, sont, entre autres, les familles Allard, Biebuyck, Debouny, Lawalrée, Martin, Mélis et Vander Biest. On peut vraiment dire qu’ils ont été la semence de la future paroisse.

En effet, dès l’origine, ils firent germer un foisonnement incroyable d’activités. L’absence de télévision aidant, de leur plaisir à chanter ensemble naquit une chorale, de leur joie de vivre se forma un groupe théâtral… Son objectif, à l’époque, était de faire, dans la bonne humeur, une recette au profit d’un comité de soutien à l’école St Pie X, en construction.

Le groupe théâtral fut dissout avec la première fancy-fair de l’école St-Pie X où les protagonistes et leur objectif se retrouvaient.

Pour informer le voisinage de leurs activités, des bonnes et moins bonnes nouvelles, Mr Devillers imagina de rédiger et d’éditer, en mai 1952, avec Madame Lawalrée et sous la protection du groupe d’entraide, une petite feuille mensuelle qui se voulait déjà un « lien » entre tout ce qui s’éveillait dans le quartier. Le premier tirage de 50 exemplaires fut confié à une maison spécialisée en polycopie… ». (Source : R. NOE, Notre-Dame du Blankedelle, Petite histoire d’une paroisse et de son église, des origines à la dédicace. Texte rédigé avec la collaboration de la Fabrique d’Église et de l’Équipe Pastorale. Auderghem, 3 décembre 1995) 

Concurremment, les célébrations liturgiques des paroissiens du Transvaal émigrèrent progressivement de Ste-Anne vers la chapelle du Sacré-Cœur, avenue Chaudron, cela sous l’impulsion des paroissiens et du clergé de Ste-Anne lui-même. Vers 1954, un vicaire de Ste-Anne, l’abbé Raymond Van Schoubroeck, peut officiellement résider au Transvaal. La future paroisse du Blankedelle se cotisait pour payer le loyer, d’abord avenue Chaudron, puis au 98, avenue Meunier. Le vicaire, déjà plus « paroissial », s’occupa du problèmes des écoles. Il existait une école gardienne dans les locaux du Sacré-cœur, école nommée l’École du Transval » (et non Transvaal). Ce n’était pas adapté.

 » Le 9 juin 1954, le vicaire institua l’école primaire et gardienne Saint Pie X dans des bâtiments préfabriqués – aussitôt insuffisants – sur des terrains acquis aux sœurs du Sacré-Cœur, grâce à l’aide de la famille Waucquez. De nouvelles constructions s’avéraient indispensables.

Un « Comité du Fonds Scolaire » fut créé à cette occasion par des bénévoles… qui entreprirent de fabriquer des centaines de petites écoles en bois et de chartes commémoratives pour les vendre aux fêtes et soirées de ce fonds… Comme dit plus haut, les recettes de la compagnie théâtrale allaient au même fonds. (Pour l’école), le nom du pape Pie X fut vraisemblablement choisi en fonction du retentissement de sa toute fraîche canonisation en 1954. «  (R. NOÉ, id)

La première pierre de l’école fut solennellement posée le 13 mars 1955 et le 17 septembre suivant déjà, Mgr Van Eynde bénissait les nouveaux locaux. Ces locaux, qu’on qualifierait aujourd’hui de provisoires, ont été remplacés par les importantes constructions de 2003 mais la « première pierre » a été récupérée et se trouve actuellement devant l’autel en notre église où on peut la contempler en évoquant tout ce qu’elle représente. Le vicaire Van Schoubroeck inaugura aussi une « Consultation des nourrissons » locale qui ouvrit ses portes le 14 juin 1955.

La même année, la chapelle du Sacré-Cœur était devenue officieusement « Chapellenie de Notre-Dame du Blankedelle ». Elle était ouverte à une messe publique quotidienne. La dédicace « Notre-Dame » est due à une proposition de l’abbé Van Schoubroeck, avec l’accord unanime des groupes de foyers, tous motivés par une dévotion particulière et personnelle à la Vierge Marie.

A cette époque, les œuvres étaient au nombre de vingt-trois, dont dix paroissiales et dix spécifiques au quartier. Toujours d’après R. NOÉ, nous citons ces dernières :

  • Groupe N.-D. des Foyers
  • Aides familiales
  • Gardes d’enfants
  • Consultation des nourrissons
  • « Lien » de chrétienté
  • Dépannage
  • Prêt de livres
  • Lutins
  • Louveteaux
  • Mon Club (pensionnés)

Un cercle biblique s’ajoutera en janvier 1957, de même qu’un ciné-club. La Chorale N.-D. du Blankedelle se produisit pour la première fois aux offices de la Semaine Sainte de 1957. Elle était née de la fusion d’une chorale masculine et d’une autre, féminine, « Les pinsons du Blankedelle ».

Le 10.12.1957,succède au chapelain-vicaire Van Schoubroeck. le Chapelain Roger Dereymaeker. Celui s’attachera à faire reconnaître la « chapellenie » comme une paroisse à part entière, tant par l’évêché que par l’État. La paroisse est en effet une institution officielle dans l’État belge.

C’est sur un beau parchemin daté du 25 décembre 1959 que le Cardinal Van Roey informe le clergé local et les Auderghemois de sa décision de constituer la chapellenie en paroisse autonome. Le roi Baudouin signe l’arrêté royal légal à Elisabethville, ce même 25 décembre 1959. C’était lors de son second voyage au Congo. L’arrêté royal paraîtra au Moniteur Belge du 23 février 1960.

L’abbé Roger Dereymaeker devint le premier curé de la nouvelle paroisse et cela jusqu’en 1972.

Il y avait un deuxième objectif : construire une église. Dès 1960, lors de la première séance du Conseil de la Fabrique d’Église, on décide d’entreprendre les formalités pour la construction. Recherche des finances, plans, construction, ameublement s’échelonnèrent sur dix ans.

C’est le 23 décembre 1970 que Mgr Suenens consacrera l’église.

L’église

L’église a été construite en 1968 selon les plans des architectes Albert Debaeke et Pierre Pinsard.

Elle se compose de deux volumes: le premier, en briques ocres, contraste avec le second, cubique et posé en retrait. L’église est prolongée de part et d’autres par plusieurs bâtiments en briques disposés en U autour d’une petite cour. De cet ensemble se détache (à l’avant plan) un clocher-campanile en béton armé.

La statue de Notre-Dame

L’orgue

L’instrument fut conçu par Patrick Collon et est basé sur le style de l’Allemagne centrale du XVIIIe siècle. C’est en été 1973 que l' »Ensemble Vocal et Instrumental du Blankedelle » se constitue en association sans but lucratif sous l’impulsion de Georges Dewilde, organiste de l’église. Cette association avait pour but d’organiser des manifestations culturelles et de doter l’église d’un nouvel orgue. La Fabrique d’église étant endettée par la construction de l’église récente, c’est par ces activités soutenues par des mécènes que les fonds ont été rassemblés. En février 1976 contact est pris avec le facteur d’orgues Patrick Collon de Laeken en raison de « ses très sérieuses références ». La composition de l’instrument fut convenue et la commande fut passée au mois de mai. Alors que la fin des travaux était prévue pour octobre 1979, c’est à cette époque que le facteur d’orgues perdit son épouse. Les réalisations de l’association ont été soutenues par l’abbé X. Goegebeur, alors curé de la paroisse. Selon les dates de la plaquette éditée sur l’orgue et l’association, l’orgue a été inauguré en 1980 ou 1981.

Les céramiques

L’église est décorée de plusieurs céramiques dont un chemin de croix qui relie la passion du Christ avec des situations contemporaines.


Chemin de croix : Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix


« Il est ressuscité comme il l’avait annoncé »


Les disciples d’Emmaüs (dans la chapelle)


Le baptême du Christ (dans le baptistère)