Méditation pour le 2è dimanche de Pâques (11.01.2021)

 

PREMIÈRE LECTURE (Ac 4, 32-35)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun. C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous. Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence, car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient, et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres ; puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun.

PSAUME (117 (118), 2-4, 16ab-18, 22-24)

R/ Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour !

Oui, que le dise Israël : Éternel est son amour !
Que le dise la maison d’Aaron :
Éternel est son amour !
Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève, le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur.
Il m’a frappé, le Seigneur,
il m’a frappé, mais sans me livrer à la mort.

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !

DEUXIÈME LECTURE (1 Jn 5, 1-6)

Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés,

celui qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est né de Dieu ; celui qui aime le Père qui a engendré aime aussi le Fils qui est né de lui. Voici comment nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu : lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements. Car tel est l’amour de Dieu : garder ses commandements ; et ses commandements ne sont pas un fardeau, puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Or la victoire remportée sur le monde, c’est notre foi. Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? C’est lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et par le sang : non pas seulement avec l’eau, mais avec l’eau et avec le sang. Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est la vérité.

ÉVANGILE

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 20, 19-31)

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.

Il leur dit : « La paix soit avec vous ! ». Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient :« Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara :« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ». Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.


Dur, dur de croire !

L’évangile de ce dimanche nous rapporte deux manifestations de Jésus ressuscité, à huit jours d’intervalle. Les apôtres s’étaient étroitement calfeutrés dans un lieu presque secret par crainte des juifs. Manifestement, ils ne se sont pas encore remis des aventures affreusement pénibles des jours précédents. Ceux qui ont mis à mort le maître ne vont-ils pas s’en prendre maintenant aux disciples ? Leur désarroi transparaît à travers le récit, ils sont vraiment comme des brebis sans pasteur.

Et soudain, Jésus se trouve parmi eux, d’une présence qui se joue des obstacles. Il se place au milieu de leur peur et leur apporte l’apaisement de sa présence. Pas un mot de reproche, aucune allusion à leur abandon au moment de son arrestation à Gethsémani. Jésus leur montre ses mains et son côté pour que ses apôtres le reconnaissent et que plus aucun doute ne subsiste en eux.

Thomas semble avoir boudé cette réunion du premier soir. Profondément attaché au Christ, il avait cru en Jésus avec enthousiasme. N’était-ce pas lui qui avait dit lors de la montée à Jérusalem : « Allons- nous aussi mourir avec lui ! » Mais il ne s’attendait pas à la mort infamante de la croix. Sa tristesse, l’a retenu à l’écart des autres.

Lorsque Thomas entendra le récit de l’apparition de Jésus ressuscité, en son absence, il se refusera à y croire. Il n’affirme pas que les autres apôtres mentent mais leurs dires sont insuffisants. Thomas n’est pas celui qui ne veut pas croire mais celui qui veut voir. Il a besoin de preuves tangibles : « Si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous… ».

Huit jours plus tard, Thomas est cette fois présent lorsque Jésus vient au milieu d’eux. Et, dans la rencontre, aucun reproche de la part de Jésus. Jésus interpelle seulement Thomas : « Tu voulais toucher mes plaies. Et bien ne te gêne pas, je suis à ta disposition ». Thomas n’a probablement pas exécuté le geste. Il reste confondu et se rachète par sa magnifique profession de foi : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Il est saisi par l’évidence de la résurrection.

Dans les dernières paroles de Jésus : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu », certains veulent y voir une sorte de blâme pour Thomas qui exigea de mettre ses doigts dans les blessures de Jésus pour être convaincu de la réalité de sa résurrection. Si Jésus a prononcé ces paroles, c’est parce qu’il sait fort bien que pour les générations futures que nous sommes, il ne nous sera pas donné de voir le Christ ressuscité de la même façon que les apôtres. Nous n’accéderons à la foi des apôtres que par les signes intérieurs de l’Esprit. Encore faudra-t-il les percevoir ?

Spontanément, nous retenons de cette page d’évangile, la figure de Thomas parce que nous nous identifions facilement à lui, trouvant bien pratique d’avoir sous la main quelqu’un qui a du mal à croire, trouvant peut-être en lui une sorte de justification de nos propres manques de foi. Il est bien sympathique ce Thomas. Il fait partie de ces personnes à qui il ne faut pas en conter, qui ne se satisfont pas de racontars, qui se méfient des illusions, qui veulent vérifier. Il veut des preuves pour croire et réduit l’existence à ce qu’il en voit.

La résurrection est tellement quelque chose d’incroyable qu’il demande à voir. Qu’est-ce qui me prouve que Jésus est ressuscité ? Notre foi se fonde sur le témoignage des apôtres, qui se transmet, depuis 2000 ans, au travers des communautés chrétiennes. Les témoins oculaires de Jésus ressuscité ne sont en rien des privilégiés. Comme pour nous, ce n’est pas avec les yeux de leur corps qu’ils ont reconnu Jésus ressuscité mais avec les yeux de leur cœur.

Il ressort de cet évangile que nous sommes particulièrement appelés par Jésus à devenir des hommes et des femmes de foi. C’est là notre bonheur.

Abbé François Goetghebuer


lien vers l’homélie-BD