Pistes de réflexion de l’évangile du 5e dimanche de carême – Jn 11, 1-45

Chers amis de Dieu,

Hier soir à 18H00, nous avons vécu un moment d’intense de communion dans la foi et la prière autour du Pape François. Autant lors de la tempête apaisée (Mc 4, 35-41), les disciples agités, inquiets et traumatisés s’étaient tournés avec espérance vers le Seigneur, autant devant la tempête de Covid-19, le pape nous invite à renouveler notre confiance en Jésus.

Aujourd’hui, découvrons ensemble comment une fois plus la Parole de Jésus fait sortir Lazare du lieu de non-vie et ses vertus de « délier », de rendre la liberté, le mouvement et de « laisser aller ». « Lazare, viens dehors », Jésus met fin au confinement de la mort et ouvre au-devant de l’humanité un nouvel horizon.

Nous savons qu’à côtés des morts physiques, Covid-19 condamne plus d’un à d’autres types de mort : mort sociale, mort économique, mort psychologique… La solitude et l’isolement plongent beaucoup d’autres dans l’angoisse et la tristesse.

C’est par notre solidarité inventive qu’ils pourront entendre cet appel de Jésus : « Lazare, viens dehors » ! Car la Bonne nouvelle de Jésus rend à l’autre la capacité de se lever, de sortir, de reprendre le mouvement et de retrouver le rythme normal de la vie. « Levons-nous pour vivre de la Parole de Dieu » est le fils rouge de notre carême.

Le Diacre Luc Aerens a accepté de partager avec nos enfants une homélie en format BD. Nous le remercions pour sa créativité et son consentement pour une large diffusion. Servez-vous sans modération !

 

Voici quelques questions pour aller encore plus loin :

  1. Quels sont ces liens susceptibles qui m’étouffent et m’empêchent de vivre ?
  2. De quels liens morbides, Jésus peut-il me délier ?
  3. Quel geste et attitude peuvent en ce temps, m’ouvrir et ouvrir l’autre, à un nouvel horizon de vie ?

 

Les Pasteurs


Évangile

« Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 1-45)

Gloire à toi, Seigneur,
gloire à toi.

Moi, je suis la résurrection et la vie, dit le Seigneur.
Celui qui croit en moi ne mourra jamais.
Gloire à toi, Seigneur,
gloire à toi.
(cf. Jn 11, 25a.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
il y avait quelqu’un de malade,
Lazare, de Béthanie,
le village de Marie et de Marthe, sa sœur.
Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur
et lui essuya les pieds avec ses cheveux.
C’était son frère Lazare qui était malade.
Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus :
« Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
En apprenant cela, Jésus dit :
« Cette maladie ne conduit pas à la mort,
elle est pour la gloire de Dieu,
afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.
Quand il apprit que celui-ci était malade,
il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.
Puis, après cela, il dit aux disciples :
« Revenons en Judée. »
Les disciples lui dirent :
« Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider,
et tu y retournes ? »
Jésus répondit :
« N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ?
Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas,
parce qu’il voit la lumière de ce monde ;
mais celui qui marche pendant la nuit trébuche,
parce que la lumière n’est pas en lui. »
Après ces paroles, il ajouta :
« Lazare, notre ami, s’est endormi ;
mais je vais aller le tirer de ce sommeil. »
Les disciples lui dirent alors :
« Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. »
Jésus avait parlé de la mort ;
eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil.
Alors il leur dit ouvertement :
« Lazare est mort,
et je me réjouis de n’avoir pas été là,
à cause de vous, pour que vous croyiez.
Mais allons auprès de lui ! »
Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
dit aux autres disciples :
« Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »

À son arrivée,
Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
Comme Béthanie était tout près de Jérusalem
– à une distance de quinze stades
(c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –,
beaucoup de Juifs étaient venus
réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère.
Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus,
elle partit à sa rencontre,
tandis que Marie restait assise à la maison.
Marthe dit à Jésus :
« Seigneur, si tu avais été ici,
mon frère ne serait pas mort.
Mais maintenant encore, je le sais,
tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »
Jésus lui dit :
« Ton frère ressuscitera. »
Marthe reprit :
« Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection,
au dernier jour. »
Jésus lui dit :
« Moi, je suis la résurrection et la vie.
Celui qui croit en moi,
même s’il meurt, vivra ;
quiconque vit et croit en moi
ne mourra jamais.
Crois-tu cela ? »
Elle répondit :
« Oui, Seigneur, je le crois :
tu es le Christ, le Fils de Dieu,
tu es celui qui vient dans le monde. »

Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie,
et lui dit tout bas :
« Le Maître est là, il t’appelle. »
Marie, dès qu’elle l’entendit,
se leva rapidement et alla rejoindre Jésus.
Il n’était pas encore entré dans le village,
mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré.
Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie
et la réconfortaient,
la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ;
ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.
Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus.
Dès qu’elle le vit,
elle se jeta à ses pieds et lui dit :
« Seigneur, si tu avais été ici,
mon frère ne serait pas mort. »
Quand il vit qu’elle pleurait,
et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi,
Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé,
et il demanda :
« Où l’avez-vous déposé ? »
Ils lui répondirent :
« Seigneur, viens, et vois. »
Alors Jésus se mit à pleurer.
Les Juifs disaient :
« Voyez comme il l’aimait ! »
Mais certains d’entre eux dirent :
« Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle,
ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »

Jésus, repris par l’émotion,
arriva au tombeau.
C’était une grotte fermée par une pierre.
Jésus dit :
« Enlevez la pierre. »
Marthe, la sœur du défunt, lui dit :
« Seigneur, il sent déjà ;
c’est le quatrième jour qu’il est là. »
Alors Jésus dit à Marthe :
« Ne te l’ai-je pas dit ?
Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
On enleva donc la pierre.
Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit :
« Père, je te rends grâce
parce que tu m’as exaucé.
Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ;
mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure,
afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »
Après cela, il cria d’une voix forte :
« Lazare, viens dehors ! »
Et le mort sortit,
les pieds et les mains liés par des bandelettes,
le visage enveloppé d’un suaire.
Jésus leur dit :
« Déliez-le, et laissez-le aller. »
Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie
et avaient donc vu ce que Jésus avait fait,
crurent en lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

OU LECTURE BREVE

Évangile

« Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 3-7.17.20-27.33b-45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Marthe et Marie,  les deux sœurs de Lazare,
envoyèrent dire à Jésus :
« Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
En apprenant cela, Jésus dit :
« Cette maladie ne conduit pas à la mort,
elle est pour la gloire de Dieu,
afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.
Quand il apprit que celui-ci était malade,
il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.
Puis, après cela, il dit aux disciples :
« Revenons en Judée. »

À son arrivée,
Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus,
elle partit à sa rencontre,
tandis que Marie restait assise à la maison.
Marthe dit à Jésus :
« Seigneur, si tu avais été ici,
mon frère ne serait pas mort.
Mais maintenant encore, je le sais,
tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »
Jésus lui dit :
« Ton frère ressuscitera. »
Marthe reprit :
« Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection,
au dernier jour. »
Jésus lui dit :
« Moi, je suis la résurrection et la vie.
Celui qui croit en moi,
même s’il meurt, vivra ;
quiconque vit et croit en moi
ne mourra jamais.
Crois-tu cela ? »
Elle répondit :
« Oui, Seigneur, je le crois :
tu es le Christ, le Fils de Dieu,
tu es celui qui vient dans le monde. »
Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé,
et il demanda :
« Où l’avez-vous déposé ? »
Ils lui répondirent :
« Seigneur, viens, et vois. »
Alors Jésus se mit à pleurer.
Les Juifs disaient :
« Voyez comme il l’aimait ! »
Mais certains d’entre eux dirent :
« Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle,
ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Jésus, repris par l’émotion,
arriva au tombeau.
C’était une grotte fermée par une pierre.
Jésus dit :
« Enlevez la pierre. »
Marthe, la sœur du défunt, lui dit :
« Seigneur, il sent déjà ;
c’est le quatrième jour qu’il est là. »
Alors Jésus dit à Marthe :
« Ne te l’ai-je pas dit ?
Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
On enleva donc la pierre.
Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit :
« Père, je te rends grâce
parce que tu m’as exaucé.
Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ;
mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure,
afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »
Après cela, il cria d’une voix forte :
« Lazare, viens dehors ! »
Et le mort sortit,
les pieds et les mains liés par des bandelettes,
le visage enveloppé d’un suaire.
Jésus leur dit :
« Déliez-le, et laissez-le aller. »
Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie
et avaient donc vu ce que Jésus avait fait,
crurent en lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Méditation de Jn 11, 1-45

  1. Face à ceux qui attribuaient la cécité de l’aveugle-né soit à son péché ou à celui de ses parents, Jésus avait rétorqué : « Ce n’est ni à cause de son péché ni de celui de ses parents. Mais c’est pour que, en lui, se manifeste les œuvres de Dieu ». Lorsque que Marthe et Marie envoient dire à Jésus : « Celui que tu aimes est malade », sa réponse est identique : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié ».
  2. Malgré l’urgence et la situation critique de Lazare, Jésus ne se précipite pas pour se rendre à Béthanie. Lorsqu’il décide d’y aller, c’est tard, Lazare est déjà mort. C’est lui-même qui l’affirme : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mai je vais aller le tirer de ce sommeil ». La mort de Lazare ne lui semble pas être une situation irréversible. Jésus se réjouit de n’avoir pas été là afin que, dans ce qui va advenir à Lazare, les disciples croient et reconnaissent que le Fils de Dieu a le pouvoir sur la mort, qu’il fait vivre par-delà le sommeil de la mort.
  3. Marthe est convaincue et croit que Jésus non seulement les paroles de la vie éternelles mais qu’il est celui qui donne vie. « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui confirme : « Ton frère ressuscitera ».
  4. Là-dessus, Jésus lui fait ces confidences : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais ». Mais Jésus pose cette question décisive à Marthe : « Crois-tu cela ? ». Question qui invite Marthe à une adhésion et à une réponse personnelle.
  5. Nous retrouvons là le cœur de notre credo, l’acte central et fondamental sur lequel repose notre foi. Avec Marthe nous voulons dire aussi à Jésus : « Oui Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde ». Chacun est comme invité à donner sa réponse librement.
  6. Ému par la foi de Marthe en la résurrection de son frère Lazare, Jésus se montre sensible, humain en partageant les larmes de l’humanité souffrante. Il compatit et souffre avec. Mais surtout, il redonne espérance aux cœurs éprouvés.
  7. Alors que Lazare était « enfermé » dans le tombeau voici déjà quatre jours, Jésus ordonne d’ôter la pierre, les yeux levés au ciel, n’agit pas seul mais, en Lui agit la puissance de son Père. Sa voix se fait cri qui appelle à la vie, qui fait sortir Lazare du lieu « d’enferment ». Jésus accomplit l’œuvre du salut : faire sortir l’homme du lieu de pourriture, libérer l’homme immobiliser par ses souffrances et ses péchés, délier l’homme aux pieds (mobilité), mains liés (action) et visage (retrouver l’autonomie de la vie) voilé. Que la parole de Dieu nous aide à sortir de nos enfermements pour que nous vivions de la vie de Dieu.

Fr Benjamin KABONGO, ofm

Bruxelles, le 28/04/2020


PRIÈRE UNIVERSELLE

Tu as pleuré des larmes d’homme devant le tombeau de ton ami Lazare. Pour les familles, tenues éloignées des derniers moments de vie d’un père, d’un fils, d’une sœur, Seigneur nous te prions.

Avec Marthe et Marie, fais-nous découvrir, Seigneur, que la distanciation physique, qui nous est imposée, n’est pas le « chacun pour soi », mais la sagesse et l’immense solidarité qui se déploient face à cet impitoyable virus.

Nous te prions, Seigneur, pour les catéchumènes qui ne pourront être baptisés à Pâques comme ils l’espéraient tant. Devant les événements, qui en reculent la date, soutiens la foi qui les habite.