Méditation pour le 3ème dimanche de Carême

Au préalable, prenez connaissance du message de nos pasteurs en suivant ce lien

La Samaritaine Jean 4, 5-42

Lecture du livre de l’Exode (Ex 17, 3-7)
En ces jours-là,
dans le désert, le peuple, manquant d’eau,
souffrit de la soif.
Il récrimina contre Moïse et dit :
« Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte ?
Était-ce pour nous faire mourir de soif
avec nos fils et nos troupeaux ? »
Moïse cria vers le Seigneur :
« Que vais-je faire de ce peuple ?
Encore un peu, et ils me lapideront ! »
Le Seigneur dit à Moïse :
« Passe devant le peuple,
emmène avec toi plusieurs des anciens d’Israël,
prends en main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil,
et va !
Moi, je serai là, devant toi,
sur le rocher du mont Horeb.
Tu frapperas le rocher,
il en sortira de l’eau,
et le peuple boira ! »
Et Moïse fit ainsi sous les yeux des anciens d’Israël.
Il donna à ce lieu le nom de Massa (c’est-à-dire : Épreuve)
et Mériba (c’est-à-dire : Querelle),
parce que les fils d’Israël avaient cherché querelle au Seigneur,
et parce qu’ils l’avaient mis à l’épreuve, en disant :
« Le Seigneur est-il au milieu de nous,
oui ou non ? »

Psaume 94 (95), 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9)
R/ Aujourd’hui, ne fermez pas votre coeur,
mais écoutez la voix du Seigneur ! (cf. Ps 94, 8a.7d)

Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
Oui, il est notre Dieu ;
nous sommes le peuple qu’il conduit.

Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre coeur comme au désert,
où vos pères m’ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 5, 1-2.5-8)

Frères et soeurs,
nous qui sommes devenus justes par la foi, nous voici en paix avec Dieu
par notre Seigneur Jésus Christ, lui qui nous a donné, par la foi,
l’accès à cette grâce dans laquelle nous sommes établis ;
et nous mettons notre fierté dans l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu.
Et l’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans
nos coeurs
par l’Esprit Saint qui nous a été donné.
Alors que nous n’étions encore capables de rien,
le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions.
Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ;
peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien.
Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous,
alors que nous étions encore pécheurs.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 4, 5-42)
En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar,
près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph.
Là se trouvait le puits de Jacob.
Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source.
C’était la sixième heure, environ midi.
Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau.
Jésus lui dit :
« Donne-moi à boire. »
– En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions.
La Samaritaine lui dit :
« Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? »
– En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.
Jésus lui répondit :
« Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’,
c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. »
Elle lui dit :
« Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond.
D’où as-tu donc cette eau vive ?
Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits,
et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »
Jésus lui répondit :
« Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ;
mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai
n’aura plus jamais soif ;
et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau
jaillissant pour la vie éternelle. »
La femme lui dit :
« Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif,
et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »
Jésus lui dit :
« Va, appelle ton mari, et reviens. »
La femme répliqua :
« Je n’ai pas de mari. »
Jésus reprit :
« Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari :
des maris, tu en a eu cinq,
et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. »
La femme lui dit :
« Seigneur, je vois que tu es un prophète !…
Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là,
et vous, les Juifs, vous dites
que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »
Jésus lui dit :
« Femme, crois-moi : l’heure vient
où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père.
Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ;
nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.
Mais l’heure vient – et c’est maintenant –
où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité :
tels sont les adorateurs que recherche le Père.
Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent,
c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »
La femme lui dit :
« Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ.
Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »
Jésus lui dit :
« Je le suis, moi qui te parle. »
À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ;
ils étaient surpris de le voir parler avec une femme.
Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? »
ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? »
La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens :
« Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait.
Ne serait-il pas le Christ ? »
Ils sortirent de la ville, et ils se dirigeaient vers lui.
Entre-temps, les disciples l’appelaient :
« Rabbi, viens manger. »
Mais il répondit :
« Pour moi, j’ai de quoi manger : c’est une nourriture que vous ne connaissez
pas. »
Les disciples se disaient entre eux :
« Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? »
Jésus leur dit :
« Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé
et d’accomplir son oeuvre.
Ne dites-vous pas : ‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ?
Et moi, je vous dis : Levez les yeux
et regardez les champs déjà dorés pour la moisson.
Dès maintenant, le moissonneur reçoit son salaire :
il récolte du fruit pour la vie éternelle,
si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur.
Il est bien vrai, le dicton : ‘L’un sème, l’autre moissonne.’
Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucun effort ;
d’autres ont fait l’effort, et vous en avez bénéficié. »
Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus,
à cause de la parole de la femme
qui rendait ce témoignage :
« Il m’a dit tout ce que j’ai fait. »
Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à demeurer chez eux.
Il y demeura deux jours.
Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire
à cause de sa parole à lui, et ils disaient à la femme :
« Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons :
nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui
le Sauveur du monde. »

 

Prenons le temps de nous laisser interroger par la Parole de Dieu.

Quelques pistes sous la forme de questions

De la 1e lecture (Ex 17,3-7)
« Massa » : lieu de l’épreuve car les fils d’Israël se pose la question : « le
Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? »
Dans l’évangile Jésus nous dit : « l’heure vient où vous n’irez plus ni sur
cette montagne, ni à Jérusalem pour adorer le Père. (…) L’heure vient
où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité ». (Jn 4,
21.23)
Où et comment puis-je « adorer en esprit et vérité » ?

MEDITER LA PAROLE DE L’EVANGILE
Avec © Notre-Dame du Web (Tous droits réservés – Mai 2016)
https://www.ndweb.org/wp-content/uploads/2016/04/lasamaritaine.pdf

SITUER
Jésus vient de quitter la Judée, où les Pharisiens commençaient à le
surveiller, et pour rejoindre la Galilée, il choisit de passer par la Samarie. Or,
les samaritains et les juifs ne s’entendent guère : les Juifs considèrent que
les Samaritains sont des hérétiques, car ils descendent en partie de
populations déplacées, païennes, installées sur ces terres par l’empire
Assyrien sept siècles auparavant. Et les Samaritains leur rendent bien cette
inimitié.
Jésus, passant en Samarie, adresse la parole à une femme. Il bouleverse
deux préjugés : les hommes Juifs ne dialoguent habituellement pas avec
les femmes, et ils ignorent les Samaritains.

COMPRENDRE
C’est au bord d’un puits qu’a lieu ce dialogue et cette rencontre entre
Jésus et la femme de Samarie. Or, dans de nombreux récits de la Bible, des
mariages sont nés au bord d’un puits… Ici, point de mariage en vue, mais
une alliance qui comble les désirs du coeur.
Il est midi : ce n’est pas une heure pour venir puiser de l’eau car il fait trop
chaud. La femme de Samarie veut-elle ne rencontrer personne ? Elle est
sans doute mal vue dans le village, ayant déjà eu cinq maris…

Prier avec LES PERSONNAGES
Je regarde Jésus, fatigué par la marche, assis au bord du puits. Les
disciples l’ont laissé pour aller acheter de quoi manger. Je contemple les
traits de son visage, son attitude, son regard.
Puis une femme arrive, à cette heure inhabituelle pour aller puiser de l’eau.
Fuit-elle les rencontres ? Quels sont ses attitudes, sa démarche?
Je regarde aussi les villageois, chacun à son occupation, loin du puits. Y en
a-t-il parmi eux qui sont des témoins lointains de cette conversation entre
un Juif de passage, haï, et cette femme méprisée? Ou cette rencontre se
passe-t-elle d’abord sans que personne ne s’en rende compte?

Au milieu de tout cela, où est-ce que je prends place ? Suis-je cette
femme qui arrive ? ou un spectateur proche, lointain ?

Prier avec LES PAROLES
J’écoute les paroles que Jésus et la femme s’échangent. L’initiative de
Jésus : il demande à boire. Mais cette soif de Jésus renvoie à une autre soif
: celle de la Samaritaine.
J’écoute les paroles de la Samaritaine : de quelle découverte de la
personne de Jésus témoignent-elles ? et de quel désir profond qui habite
son coeur ?
J’écoute les paroles de Jésus : comment la rejoint-il ? quel chemin lui fait-il
faire ?
Après ce dialogue entre Jésus et la Samaritaine, il y a les paroles que la
femme adresse aux villageois : quelles sont-elles ? comment les villageois
réagissent-ils ? comment, eux aussi, passent-ils de l’étonnement à la foi ?

Qu’est-ce qui me touche ?

Prier avec LES ACTIONS
Je contemple les actions : la Samaritaine vient pour puiser de l’eau mais
finalement ne le fait pas ; après la conversation avec Jésus, touchée, elle
revient au village, laissant là sa cruche. Elle qui évitait de se montrer ne
craint pas d’aller à la rencontre des gens pour témoigner de sa rencontre
bouleversante avec le Christ.
Je regarde ces villageois : quel chemin se fait dans leur coeur pour inviter
Jésus à demeurer chez eux ? J’écoute leur profession de foi : “ce n’est
plus à cause de ce que tu nous as dit, que nous croyons maintenant ; nous
l’avons entendu par nous-mêmes, et nous savons que c’est vraiment lui le
sauveur du monde.”
Et Jésus, assis au bord du puits, accepte l’invitation de demeurer deux jours
avec ces villageois.

Et moi, quel chemin le Sauveur m’a-t-il fait faire jusqu’ici ? Comment m’a-til
rejoint-e ? A quelle profession de foi me conduit-il, à quel témoignage, à
quelle joie ?
Je lui parle, comme un ami parle à son ami, comme un serviteur à son
maître.
Pour m’unir à mes frères proches et lointains, je termine en priant « Notre
Père »…