Projet Pastoral

 

« Rêves d’Église ».
Synthèse en vue d’un projet pastoral

 L’exercice de consultation sur le « rêve d’Église » réalisé début février 2020 dans les paroisses de l’UP du Val Duchesse a produit 381 propositions. Celles-ci sont de natures et de statuts très divers : « rêves » à proprement parler, propositions ou recommandations pratiques (fréquentes), récriminations (rares). Dans cette synthèse, on fera la part des choses en insistant plus particulièrement sur la dimension « rêve » ou aspirations. On retiendra néanmoins nombre de propositions pratiques qui pourraient être mises en œuvre rapidement ; elles sont identifiées à part. Pour une vue exhaustive, on se référera aux rapports réalisés par les 4 assemblées paroissiales (voir annexes[1] disponibles au secrétariat de l’UP pour ceux qui le souhaitent). On notera incidemment que plusieurs personnes disent leur satisfaction d’avoir été consultées de cette manière. Un petit nombre espère que le projet qui sortira de cette opération sera vraiment suivi d’effets, à l’inverse du projet réalisé en 2012 pour l’UP d’Auderghem (?).

Dès le départ, 4 grands thèmes s’imposent : la communauté, l’Église, la liturgie, les jeunes. D’autres thèmes, moins développés, émergent également tels la solidarité ou le clergé.

Cette synthèse n’est pas en soi un « projet pastoral ». Elle identifie les aspirations, les besoins auxquels un projet pastoral devrait répondre. Pour mettre au point le projet pastoral, il faudra partir de ces aspirations et y répondre par des propositions.

1- La communauté

Le premier thème qui émerge nettement, est la communauté que l’on rêve de constituer. Parler de la communauté est assez logique puisqu’elle correspond à l’expérience commune la plus proche et la plus immédiate : celles et ceux que l’on rencontre régulièrement (notamment lors des célébrations, raisons pour lesquelles ces deux thèmes sont d’ailleurs proches dans l’esprit de beaucoup). Le rêve de constituer une communauté vivante est très nettement dominant et partagé.

Thème de l’accueil : Une communauté qui accueille les gens (et notamment les nouveaux visages) et qui fasse place à leur manière de vivre, à leur recherche de sens et de bonheur. Une communauté unie, qui accueille tous les âges (même les enfants remuants), sans prise de pouvoir, où chacun met ses charismes à disposition selon les besoins du groupe, où on aime venir pour nourrir sa foi.  Une communauté qui dialogue.

Une communauté accueillante à tous, de tous les âges (même les enfants), les nouveaux venus inclus, sans a priori (divorcés, non baptisés, non-Belges,). La paroisse de demain ne doit pas être exclusive mais inclusive et humaine, afin de former spirituellement dans la positivité et la justice, dans la lumière du Christ les hommes et les femmes qui feront notre monde.

Thème de l’ouverture : une communauté ouverte aux initiatives et aux propositions qui lui sont faites. Une communauté qui intègre l’universalité de l’Église (accueil et célébration des différences). Une communauté qui découvre la richesse de son environnement et qui soit capable de se connecter à d’autres réseaux, services, communautés. Sortir de l’entre soi. Une communauté qui ait l’esprit ouvert à toutes les propositions, initiatives, contributions.

Thème de la convivialité et de la bienveillance : Une communauté conviviale qui partage. Une communauté où l’on partage les épreuves et qui porte les uns les autres (dans la prière et autrement). Une communauté plus chaleureuse, où nous partageons notre foi et nos vies, avec nos joies et nos difficultés à vivre l’évangile dans notre quotidien. Un lieu ressourçant, où les uns et les autres se connaissent par leur nom, dans le respect et le non-jugement. Une communauté qui soit : un lieu convivial, un lieu chaleureux où tout le monde se sent accueilli et où on se nourrit ensemble de la parole de Dieu, un lieu qui réserve une part prépondérante aux jeunes qui sont l’Église de demain. Une communauté où l’on pratique régulièrement et concrètement le partage, la rencontre et l’échange, en en prenant le temps (voir dispositions pratiques).

Thème de la solidarité : Une communauté qui manifeste ouvertement et dans les actes son esprit de fraternité (l’exercice concret de la solidarité partagée). – Une communauté solidaire avec les moins favorisés (malades, personnes seules et/ou âgées,), les plus démunis de la paroisse et d’ailleurs (SDF, réfugiés,). Une communauté solidaire, non seulement au sein de l’Unité pastorale mais aussi à l’extérieur : Belgique, Afrique, …

Thème de l’animation et du bénévolat : Rêve de plus de personnes impliquées dans le team paroissial. Rêve de plus de personnes concernées par la mise en marche, l’organisation de la communauté. Une communauté participative et pas passive. D’aujourd’hui, avec les moyens d’aujourd’hui (internet). Une communauté où le bénévolat est un service, où chacun donne ou exploite son talent pour la communauté, où les « servants » ne sont pas plus que les autres (les serviteurs inutiles de l’Evangile).

2- L’Église

Assez logiquement, le thème de l’Église reflète plusieurs aspects du thème de la communauté. Si la « communauté » est l’Église telle qu’elle est vécue ici et maintenant, l’Église en est la projection plus lointaine et plus générale. On trouvera donc dans l’une (Église) des préoccupations (ou des rêves) qui sont l’écho de ce que l’on cherche dans l’autre (communauté).

Thème de l’ouverture : Une Église qui ne soit pas braquée sur le passé, mais qui accepte de vivre ouvertement dans un monde nouveau où beaucoup de choses doivent être inventées. Un rapprochement entre les Églises (protestantes, orthodoxes).   Une Église hors les murs, hors club d’habitués. Une communauté qui fait d’autres événements que la messe et qui invite tout son quartier.  Communauté qui accueille, qui accueille largement chacun, là même où il se trouve. Une Église d’aujourd’hui qui « redonne envie », plus charismatique, plus en prise avec le quotidien, l’actualité, moins culpabilisante.

Thème du service : Une Église qui serve les femmes et les hommes, qui dise sa solidarité pratique avec les plus pauvres.

Thème de l’animation (on vise ici les rôles des personnes consacrées et des laïcs. On verra, à cet égard, que coexistent des visions très différentes) : Certains insistent sur le besoin de prêtres et leur disponibilité : il n’y a pas assez de prêtres, ils ne sont pas assez disponibles, il faudrait en accueillir d’autres.  Pour d’autres, la solution est dans l’accueil de prêtres étrangers (Africains ou autres) ou dans le mariage des prêtres. D’autres encore estiment qu’il faut proposer beaucoup plus de responsabilités aux laïcs : pour pallier le manque de prêtres, les paroissiens devront se rassembler en communauté pour la préparation et l’animation des liturgies. Rêve de personnes formées pour pallier le manque de prêtres et prendre le relais pour des célébrations en semaine et présider des funérailles. Envisager des célébrations sans prêtre. Ou encore, que la prêtrise soit ouverte aux hommes mariés et aux femmes.  Pour certains, il faut donner plus d’importance au rôle des femmes dans l’Église (par exemple, admettre des femmes aux fonctions sacerdotales, diaconat ou prêtrise).

3- Les célébrations, la liturgie

Les aspirations relatives à la liturgie ou aux célébrations obéissent au même registre que celui de la communauté, ce qui est assez logique dans la mesure où les célébrations sont (ou devraient être) l’expression partagée de la prière d’une communauté. Ici aussi, on trouvera des demandes en tension voire contradictoires : certains privilégient des célébrations très vivantes là où d’autres inclineraient pour le recueillement. Dans tous les cas, comme en témoigne l’abondance des commentaires, la messe ou la célébration commune est un moment important de la vie de la communauté.

Thème de l’homélie :

 Plusieurs souhaitent des homélies où l’on dégage le sens des textes lus pour la vie des gens. Leurs implications concrètes. Si certains privilégient des explications plus approfondies des textes, d’autres insistent sur des homélies moins théoriques et qui fassent la relation avec la vie réelle des gens.  Le temps de l’homélie pourrait être l’occasion d’une interaction plus active : les assistants devraient pouvoir s’exprimer sur les textes. On pourrait faire une place aux témoignages.

Il faut retenir de ceci que l’homélie devrait être le moment où l’on construit la relation entre les textes et la vie concrète : le sens de ces textes et leurs implications pour nous aujourd’hui. Dans certains cas, cela pourrait prendre la forme d’un dialogue.

Thème de la messe comme pédagogie de la foi :

Le rapport au vécu que l’on souhaite dans les homélies est exprimé d’une autre manière. Certains estiment que la langue des célébrations est fort abstraite. D’aucuns estiment qu’il faudrait revoir le texte du credo (ou, au minimum, l’expliquer). Ce souci d’explication est parfois plus large et concerne la messe elle-même : pourquoi ne pas plus ou mieux expliquer ce que l’on fait lors des divers épisodes de la célébration. Cela pourrait se faire dans certaines occasions. Par ailleurs, il faut respecter les plus simples et se mettre à la hauteur de tout le monde.

Cette question en rejoint une autre : ne faut-il pas penser une certaine diversification des célébrations, adapter certaines messes à un public visé, enfants ou « jeunes » ? Les messes « jeunes » pourraient être beaucoup plus musicales et faire appel à leurs talents (voir thème suivant).

(NDLR : sur ces deux thèmes, on retrouve souvent une préoccupation commune : rapprocher la célébration du vécu des gens).

Thème de la musique et des chants :

Beaucoup de commentaires concernent la musique et les chants. On insiste ici sur la modernisation de la musique (ou des chants) que l’on souhaite plus joyeuse. Rêve d’une chorale dynamique qui donnerait le ton. Plusieurs références sont faites aux liturgies africaines. Les sensibilités ne sont toutefois pas identiques, même si un accord existe sur la gaieté. On trouvera une série de recommandations pratiques dans les « Thèmes relatifs à la liturgie ». A noter, et de manière non contradictoire que plusieurs aimeraient aussi de moments de recueillement sans musiques ni paroles au cours de la messe.

Thème de la convivialité :

En écho à la manière de faire vivre la communauté, on insiste sur l’accueil avant la célébration, au fait que l’on pourrait célébrer certains événements (anniversaires), aux moments de convivialité (apéro ou autre) qui suivraient les messes,

Thèmes des laïcs :

De la même manière qu’au chapitre Église, on insiste sur le rôle des laïcs, on pense aussi que ceux-ci pourraient être plus impliqués dans la liturgie : des funérailles présidées par des laïcs, des homélies qui leur seraient confiées, multiplier le nombre d’intervenants lors des messes. Certaines célébrations pourraient être préparées par des groupes de laïcs engagés dans des activités singulières (groupe de solidarité, par exemple).

Divers :

La messe dominicale n’est pas le seul moment de célébration. Souhait d’une messe en semaine. De la même manière, il pourrait exister d’autres temps de prière commune en dehors des célébrations.

(Remarque particulière : on observera que la « rotation » des célébrants n’est pas appréciée par tous, mais ce n’est que l’observation d’une minorité.)

4- Les jeunes

Beaucoup de commentaires concernent les jeunes et leur place dans la communauté comme dans les célébrations. On pourrait dire d’eux qu’ils sont un souci et une espérance.  Le souci recouvre plusieurs thèmes : la transmission de la foi, le rôle des familles, les mouvements de jeunesse, l’implication des jeunes dans la communauté.

Le thème de la transmission de la foi aux jeunes.

Comment comprendre la désaffection apparente des jeunes à l’égard de l’Église ? Comment aider les enfants à découvrir la foi ? Comment aider les familles sur ce point ?

Nécessaire de mieux expliquer l’Église aux jeunes. Rapprocher la paroisse et les jeunes : en travaillant avec les écoles catholiques d’Auderghem et les scouts. En particulier montrer/expliquer les activités de la Paroisse (visite des malades, maison de retraite, réfugiés, personnes seules) aux élèves (pendant les cours de religion) et scouts dans l’esprit du Christ (visite des personnes dans le besoin) et inviter les élèves/scouts à y participer. Demander à ces élèves/scouts comment davantage les intéresser à l’Église/paroisse.

Être une communauté qui accueille les enfants (et leur propose concrètement un lieu où ils découvrent l’Evangile).

On souligne des initiatives très positives : Oratoire, KT pizza,

Rôle des mouvements de jeunesse et des écoles.

Il faudrait rapprocher les écoles qui orbitent dans l’UP et proposer aux écoles de célébrer dans nos églises. Ne devrait-on pas les contacter et leur faire une offre ?

On souhaite que les mouvements de jeunesse s’impliquent davantage auprès des paroisses. Qu’ils soient plus présents.

La catéchèse peut être assumée par l’UP, mais il faudrait une présence locale le dimanche

Implication des jeunes et célébrations

Une Eglise plus joyeuse, une Église qui attire les jeunes. Fonder une vraie chorale pour le dimanche, une chorale avec des instruments qui accompagnent l’orgue.

Adopter les liturgies pour les jeunes et impliquer les jeunes dans leur organisation.

Trouver à associer les jeunes par une messe plus vivante. Mettre en place des projets concrets (faire quelque chose) pour les jeunes de 11 à 14 ans comme à la messe italienne qui est une messe rock très animée (Référence NDG ?)

Des chants plus modernes, une chorale plus jeune, plus animée et vivante qui éveille l’envie de chanter chez les jeunes. Idem liturgie

D’une manière générale

Inviter les jeunes à s’occuper plus des activités de la paroisse

Laisser la place aux jeunes en leur proposant des responsabilités selon leurs talents.

5- Thèmes divers

Sous cet intitulé, on regroupe une série de questions qui ont fait l’objet de commentaires relativement épars et dont on trouve d’ailleurs certains éléments sous d’autres rubriques ; le thème de la solidarité a déjà été abordé lors du thème de la Communauté.

Le thème de la solidarité

Proposer des activités concrètes en relation avec les textes de la liturgie : « la liturgie d’aujourd’hui nous invite à … ». Comment concrétiser et assurer le suivi ?

Donner de la visibilité aux actions des chrétiens.  Identifier des projets « aider le monde en tant que chrétien »

Actions centrées sur l’aide aux pauvres. L’Entraide paroissiale est méconnue et donc pas assez soutenue.

Entre la solidarité et le témoignage : des actions communes de bénévolat : servir le petit-déjeuner ensemble dans les centres d’immigrés, nettoyer l’environnement, …

Organiser des activités en paroisse en dehors des messes (repas pour les démunis, visite chez les personnes âgées, etc.).

Favoriser toutes actions d’amour envers le prochain : les plus démunis, les personnes seules, les malades, la jeunesse.

Le thème des femmes

Le thème des femmes est traité de plusieurs manières : à travers le thème les laïcs dont l’Église a un besoin urgent, à travers le bénévolat nécessaire, et d’une manière spécifique. De toute manière, il convient de donner plus d’espace aux femmes et de prendre davantage en considération leur(s) rôle(s) dans l’Église ; plus de femmes dans les célébrations. Le rêve est que plus de femmes deviennent docteurs en théologie et qu’il existe une ouverture structurelle de l’Église aux femmes.

(NDLR : On rappellera que demander plus d’implication aux femmes et plus généralement aux laïcs implique de leur donner plus d’autorité dans les matières de l’Église.)

Le thème de la formation

Il faut comprendre la Parole pour la mettre en pratique. Le contexte ayant changé depuis l’écriture des textes, mieux expliquer ces textes, d’où des homélies moins théologiques, moins « intellectuelles » et plus pratiques, plus à la portée de tout le monde avec des mots plus accessibles à tous ;

Organiser des moments de partage d’Evangile, notamment pendant le Carême, au cours desquels : lecture et aide à la compréhension de la Bible animées par une personne compétente ;

Envisager des cours de lecture biblique permettant de discuter de la Parole ;

Que l’on donne des formations pour développer des compétences, afin de pouvoir assurer une liturgie belle et attirante. Ainsi chacun se sentira bien dans la communauté et l’on pourra accomplir notre devoir de transmettre la foi que nous avons reçue de nos pères.

Le thème du témoignage

Nous devrions être plus actifs dans l’évangélisation, sans avoir peur du prosélytisme.

Laisser nos églises ouvertes pour que l’on puisse y prier à toute heure sans se casser le nez sur la porte fermée.

Michel Molitor,
25 mai 2020

[1] Il s’agit des réponses au questionnaire initial par paroisse, qui peuvent être demandées au secrétariat de l’Unité Pastorale Notre-Dame-de-Val-Duchesse email : Marthe Fontaine. Secrétariat UP Val-Duchesse, / 0472 88 61 48

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