Fraternité internationale Notre-Dame des Nations

 

Au cours des 17 dernières années, la fraternité internationale « Notre-Dame des Nations », abritée dans la paroisse « Notre-Dame des Grâces », a formé des missionnaires pour poursuivre le charisme de saint François et la mission de l’Église dans le monde entier.

La fraternité internationale « Notre-Dame des Nations » se compose de Frère Benjamin Kabongo (responsable de l’Unité pastorale Notre-Dame de Val Duchesse), Frère Gianfrancesco Sisto (gardien et coordinateur du programme missionnaire) et de Frère Tomo Andic (économe et aumônier de la communauté catholique croate de Belgique). Deux fois par an, cette fraternité ouvre ses portes et reçoit des frères qui vien nent de différentes parties du monde et appartiennent à de nombreuses branches de la « famille franciscaine ».

L’histoire des Franciscains est riche et complexe. À travers les siècles, l’Esprit de Dieu a conduit certains frères à adopter une réforme, un appel à vivre plus pleinement le charisme transmis par saint François. Ces réformateurs ont ainsi voulu relever les défis et les signes de leur époque et traduire le message de Dieu pour leurs contemporains.

Grâce à eux, la famille s’est enrichie de nombreuses ramifications, aujourd’hui réunies en trois Ordres principaux : l’Ordre des Frères mineurs (auquel appartiennent les Franciscains du Chant d’Oiseau), l’Ordre des Frères mineurs conventuels et l’Ordre des Frères mineurs capucins.

Que les trois Ordres vivent sous le même toit est unique en soi et signe de leur étroite collaboration.

C’est par la forme et la couleur de l’habit que l’on distingue l’appartenance à un Ordre ; cependant on remarque très vite qu’un même sang circule dans les veines de tous les frères et que leur vision du monde s’inspire de celle de saint François, qui se résume en deux mots : fraternité et humilité.

Les langues officielles de cette fraternité internationale sont l’anglais et le français.

De septembre à novembre, les journaux, ordinateurs, tablettes, chaînes de télévision, livres liturgiques, chants, etc., opèrent un changement et s’adaptent aux frères de langue anglaise, tandis que de mars à mai le même changement s’applique aux frères francophones.

Il n’est ni rare ni surprenant d’entendre, durant les repas, un joyeux mélange de langues. C’est ainsi que l’on entend simultanément des conversations en malayalam ou swahili, italien, croate, espagnol, mandarin ou tagalog. Si certains de nos lecteurs veulent recevoir, pendant quelques heures, un cours condensé de vie dans un milieu international et multiculturel, ils peuvent nous contacter.

L’objectif du programme est d’amener les frères à apprécier leur propre culture qui crée si fortement notre identité principale et, en même temps, de préparer le missionnaire au respect de la culture dans laquelle chacun d’entre eux va proclamer et témoigner de l’Évangile.

À l’époque de la colonisation et par la suite, les missionnaires ont façonné les populations locales – où ils étaient envoyés pour apporter la bonne nouvelle – dans le moule comportant un concept de « civilisation » et de « christianisme » très fortement déterminé par le pays d’origine du missionnaire. Un rapide coup d’œil dans les manuels d’histoire nous montrera que, au nom de l’Évangile, des systèmes d’oppression et d’abus de pouvoir ont été légitimés.

Il suffit, par exemple, de rappeler l’apartheid en Afrique du Sud ou le débat sur l’existence de l’âme chez des personnes de couleur.

Ces pages d’histoire et même ce passé déterminent encore, d’une manière ou d’une autre, notre présent et la dynamique des relations entre prêtres, missionnaires et laïcs.

Au cours de ce programme, nous décortiquons des sujets considérés comme tabous ; et nous en choisissons un en particulier par semaine comme objet de notre attention. Milieu social et pouvoir, par exemple, ont une incidence sur chacun d’entre nous. Être missionnaires, représentants de Dieu, de l’Église, nous place à un rang social élevé. Pour bâtir le royaume de Dieu ou notre propre royaume, la manière dont cette position sociale s’exprime est cruciale – a fortiori si l’attitude est celle d’oppression – pour la construction d’un être humain. Le programme de 90 jours invite le missionnaire post-moderne à mieux se connaître, avec ses limites et ses points forts, son pouvoir, et à les utiliser à bon escient, en commençant par laisser se déployer la diversité présente dans le groupe des participants.

Un missionnaire, en se sentant appelé à travailler aux extrémités de la Terre, sera immanquablement confronté à des situations d’injustice, de conflits, de guerre, de non-respect des droits de l’homme, à la pauvreté, aux problèmes liés au « genre », etc. (la liste pourrait être longue). Prendre conscience des outils et des organisations avec lesquels créer des réseaux, est d’une grande aide : cela offre un tissu de références auxquelles on peut faire appel afin d’intervenir dans de telles situations.

C’est pourquoi une partie du programme consiste à rencontrer certaines organisations présentes en Belgique, en France et en Allemagne, susceptibles d’aider les missionnaires franciscains à poursuivre leur tâche délicate et éprouvante dans le pays où ils travaillent ou vont travailler par la suite.

Le territoire de l’unité pastorale « Notre-Dame de Val Duchesse », dont fait partie la fraternité internationale, est le lieu principal de rencontre avec les femmes et les hommes, chrétiens ou non, qui constituent le tissu de cette partie de Bruxelles.

Au fil des ans, certains d’entre vous ont joué un rôle très important en nourrissant notre âme et notre esprit de missionnaires : grâce à vous, nous avons pu élargir à la fois notre horizon et notre vision du monde. Vraiment, chaque être humain est un monde en soi et chaque rencontre un cadeau, même difficile. Et ce sont de grands cadeaux pour nous que de vous rencontrer, de rencontrer votre culture, de sentir le style d’accueil dans vos maisons, votre manière de saluer et d’être en relation, vos préoccupations et vos espoirs. Non seulement parce que la rencontre d’une autre personne nous révèle des bribes de nous-même, mais aussi du fait que de véritables amitiés naissent et continuent même au-delà des 90 jours du programme : certains d’entre vous continuent à prier pour les missionnaires, d’autres écrivent et reçoivent des informations sur les missionnaires et les défis auxquels ils sont confrontés, d’autres encore font un pas supplémentaire en leur rendant visite dans le pays où ils vivent, construisant ainsi des ponts de communion entre la Belgique et le reste du monde.

Saint François avait coutume de dire aux frères : « Votre cloître est le monde. » Pendant 90 jours, ce monde, avec ses cultures et ses couleurs, sa foi et les expressions de foi, se concentre dans le cloître du Chant d’Oiseau.

Fraternellement,

Gianfrancesco SISTO, ofm